Quand nos ailes ont des aéroports

Contrôle immigration de la Police de l’Air et des Frontières. Bruit sec d’un cachet. Visages fermés, regards froids et impersonnels. De l’anémie dans la voix. Un sourcil haussé, à peine surpris.

– Dites donc … il est très mal en point votre bouquet.

Je laisse glisser mon regard sur mes roses flétries, aux pétales noircis et raidis par le temps. Suis-je ridicule ? Non. Un souvenir, que je jette sur le chariot qui roule vers le tapis bagages. Quelques feuilles sans vie s’en détachent, froissées ; déjà plus rien ne reste de ce pays que quelques souvenirs, ce bouquet mort, des photos qui rient dans ma clé USB, et l’étiquette colorée qui flotte sur mon sac de voyage, dérivant au loin, sur le carrousel sans bruit.

Contrôle douane, rien à déclarer, bagages éventrés. Au hall du terminal des arrivées internationales, mes yeux se perdent partout, dans la foule. Sur les frimousses. Dans les parfums embrouillés. La façade vitrée des restaurants. Les petites robes d’été. La porte des toilettes.

Mais à quoi bon, puisque personne n’est là ? Personne est pris dans les embouteillages. Toujours en retard, comme d’habitude.

Un ultime regard sur l’affichage électronique. Les numéros des vols et les noms d’aéroports clignotent, derniers lambeaux d’un voyage qui s’achève.

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2 réflexions sur “Quand nos ailes ont des aéroports

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