C’était il y a fort longtemps, à Takalélé-la-Forêt-Noire

C’était il y a fort longtemps, à Takalélé-la-Forêt-Noire, faubourg des Charmes Rompus, dans les jardins des Sortilèges. Un étrange peuple fou de friandises y vécut heureux : des cannibales. Des cannibales qui s’excitaient à fourbir leur chaudron où mijotait la traditionnelle soupe d’yeux bridés au caramel, ou encore le pot-au-feu de cervelles de chasseurs allumés. Des cannibales qui vénéraient leur jeune prince, d’une rare beauté gourmande, à la peau d’ébène sucrée qui éblouissait les rayons du soleil. Sa dense chevelure bleue de marshmallow sentait la fraise des bois. Quant à la reine, d’une laideur élégante et raffinée, elle se plaisait à se griser de l’alcool de la solitude.
— Fils, dit-elle à son Prince. Tu sais que je t’aime jusqu’aux étoiles, aux pierres du désert …Lire la suite »

En attendant le prochain pont

C’est l’histoire banale d’un dimanche ordinaire au petit village de Pic-du-Druide. Tout a commencé avec l’arrivée au petit village de Pic-du-Druide, d’un jeune et richissime pèlerin, venu d’un pays lointain.Lire la suite »

Tilia, dans les choux ?

Par un hiver frileux de 1916, deux avions de chasse survolèrent le ciel du village à moitié ravagé par les bombardements. Les tremblements des vitres de la petite brasserie artisanale se turent, les nuées de fumée noircirent le jour, ruines et décombres chevauchaient le macadam. Lire la suite »

Anamorphose

Les plumes d'Asphodèle

5 octobre 3097.
Ben sucra son café au miel d’abeille. Tria le contenu de sa boîte aux lettres sur ses genoux. Coupons-voucher électroniques, newsletters publicitaires, maigrir sans stress, grossir les seins sans chirurgie … Et, tout timide, un livre broché couleur vert citron. Lire la suite »

Vœux ratés

Texte libellé pour Les Croqueurs de Mots
Défi 164 – Défi du Lundi de Commandant Dômi et ses salutations amirales

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Tout a commencé par un constat très simple : les livres de régime, ça nous déprime, mon prince charmant et moi.
Alors, nous voilà savourant un romantique dîner chic, arrosé d’un Christophe Mignon Pur Meunier brut rosé. Sous un clair de lune fade et ordinaire.
Et c’est là que oh …! Une étoile filante !Lire la suite »

Sans visage

Des dunes de cendres bleuies sous les rayons de lune sommeillaient sous un ciel coloré à l’encre noire. Le gosier en feu, Yaa émergea de sa torpeur. La soif le harcelait depuis plusieurs jours et, grands dieux, il n’en pouvait plus. Combien de kilomètres avait-il parcouru ? Combien de cailloux avait-il suçoté ? Mais surtout, comment avait-il pu se retrouver au milieu de ce désert de cendres, tourmenté par les dernières colonnes de fumée – peut-être celles d’un feu mourant ? Ses mains, telles des feuilles d’arbre craquelées, agrippèrent un bâton dont les contours accidentés flottaient dans un brouillard douteux.
— Hep, fiston !
Le bâton siffla dans les brumes. Frôla son crâne dans une complainte douloureuse.
— Toi, tu touches pas à mon pieu ! hésita une voix édentée.
Un étrange vieillard, plutôt vagabond que voyageur, cracha son tabac à chiquer. Il se balançait là, sur ce qui restait d’un squelette – celui d’un mammouth sans doute. Ses yeux fuyaient la pâleur du disque lunaire, et ses rides écoutaient le silence de la nuit.
— Qui êtes-vous … ? balbutia Yaa.
— Ah … Encore un sans visage, soupira le vagabond avant de se perdre dans un rire rouillé.
— Hé fou, que racontez-vous ? J’ai un visage !Lire la suite »

Un sort scellé

Rosario fut réveillé par un bruit de battement d’ailes, sur son lit d’hôpital, la seule unité sanitaire de brousse enfouie à des kilomètres de toute civilisation. Une chauve-souris voletait dans la cavité sombre du plafond en feuille de tôle… Et il savait qu’elle arrivait. La silhouette s’encadra dans l’embrasure de la porte. Sans que sa bouche ait eu le temps d’articuler un son, il vit venir, comme tous les jours depuis sept ans, sa dose d’enfer, le supplice, les gifles qui fouettaient, les griffes qui lacéraient son visage tuméfié.

– Non ! articula-t-il dans un souffle.

Mais à quoi bon ? Pendant sept ans, personne ne voyait, personne ne croyait. Et ce soir, dans la petite chambre surchauffée, il était le seul comme toujours, à la sentir, la regarder abuser de lui, ses ongles arrachant à chaque fois une partie de ce qu’il était, de sa peau qui ne recouvrait plus que ses os. Faire tinter sa clochette sur la table de chevet … Rosario le fit. Mais l’étau d’une main froide arrêta son poignet.

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